Le BIM vert ou le BIM biodiversité ?

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L'utilisation de maquettes numériques des bâtiments (BIM) avec des techniques de conception et de construction durables sont  appelés par les anglo-saxons : "Green BIM ". Le BIM aide les parties prenantes du projet à prendre des décisions éclairées dès le début du processus de conception et permet d’avoir un impact plus important sur l’efficacité et la performance d’un bâtiment.

L'émergence de la modélisation des informations du bâtiment a transformé le secteur de la construction et remodèle la manière dont les agences réalisent leurs projets.  

En combinant le BIM avec un logiciel de modélisation énergétique spécialisé, chaque partie d'un bâtiment, des systèmes mécaniques, électriques et de plomberie (MEP) au climat intérieur, peut être simulée et optimisée pour optimiser l'efficacité énergétique.

Le BIM permet de quantifier la quantité d'eau utilisée dans un bâtiment en calculant le nombre d’équipements (éviers, toilettes, etc.) et la consommation d'eau associée. Cela peut vous aide également à mesurer le potentiel de réutilisation des eaux grises, ce qui est très bénéfique pour réduire la demande en approvisionnement en eau locale. 

Pourquoi ne pas envisager un Bim biodiversité et intégrer réellement la nature dans vos projets?

Natural Solutions peut vous aider dans cette tâche pour être plus efficace et plus respectueux demain .

 

Posted on October 17, 2018 .

GeoNature : un outil de gestion de données naturalistes

Geonature est un logiciel open source qui permet de saisir, gérer, consulter, analyser, exporter et diffuser des données en faune et flore.

Geonature est construit dans une logique de système d’informations s’appuyant sur les référentiels, les nomenclatures et les standards nationaux du SINP, pour les intégrer dans une chaîne de travail complète, allant de la collecte jusqu’à la diffusion des données.

Posted on September 25, 2018 and filed under développement.

Insectes pollinisateurs : qui sont-ils ?

           Dans l’article précédent, je vous ai parlé de l’importance de protéger les insectes pollinisateurs. Vous l’avez compris, ils sont absolument cruciaux pour notre survie, et leur disparition serait, sans aucun doute, la plus grande catastrophe écologique de l’histoire de l’Humanité. Et comme souvent en écologie, il convient d’en sauver le plus grand nombre d’individus, mais aussi et surtout d’espèces. C’est par la diversité en espèces qu’arrive la résistance aux perturbations (pathogènes, insecticides, etc …). On parle de résilience, c’est-à-dire la capacité d’un écosystème à revenir à son état initial après avoir été perturbé. Et cette résilience dépend essentiellement de la biodiversité de départ.

                          Grains de pollen observés au microscope électronique. Les couleurs sont artificielles.

                        Grains de pollen observés au microscope électronique. Les couleurs sont artificielles.

          Ainsi, pour éviter la catastrophe, il faut sauver le plus d’espèces d’insectes pollinisateurs (et les plantes qu’ils pollinisent !) possible. Et pour ça, il faut d’abord se mettre bien d’accord. Alors, qui sont ces fameux insectes pollinisateurs ?

L’écrasante majorité de la pollinisation est en fait assurée par 4 grands groupes d’insectes.

1.       Les coléoptères : ils sont caractérisés par la présence d’élytres, c’est-à-dire d’ailes renforcées, protégeant les autres au repos. Une partie seulement participe à la pollinisation, et sont dans l’ensemble assez peu efficaces dans cette tâche. Mais avec près de 400.000 espèces décrites (dont environ 10.000 en France), les coléoptères ont une part importante à jouer dans la pollinisation.

                              Le    grand capricorne  est un coléoptère, et l’un des plus grands insectes de France !

                            Le grand capricorne est un coléoptère, et l’un des plus grands insectes de France !

2.       Les lépidoptères : ce sont les papillons, qu’ils soient de jour ou de nuit. On en dénombre plus de 5000 espèces en France, dont seulement 10% sont des papillons « de jour ». L’importance de leur participation à la pollinisation est évidente : qui n’a jamais vu un papillon passer de fleurs en fleurs ? Leur trompe leur permettant de se nourrir de nectar, ils pollinisent de nombreuses plantes. De plus, on estime que 20% de toute la pollinisation s’effectue la nuit. Les papillons sont donc très importants pour de très nombreuses plantes.

                                    Le  paon du jour  est l'une des espèces de papillons les plus communes,                                                et c'est aussi un pollinisateur ! Crédit : Bernard Deman

                                  Le paon du jour est l'une des espèces de papillons les plus communes,
                                               et c'est aussi un pollinisateur ! Crédit : Bernard Deman

3.        Les diptères : ce terme regroupe les insectes à deux ailes, tels que les mouches, moustiques et autres taons. Avec près de 150.000 espèces de mouches, ils sont très répandus dans le monde entier. Leur rôle de décomposeur est crucial, et ils sont également le deuxième groupe de pollinisateurs le plus efficace.

                      Même la mouche verte est un pollinisateur !

                     Même la mouche verte est un pollinisateur !

On y retrouve notamment la famille des syrphes. Ces mouches ressemblent fortement aux guêpes, abeilles et bourdon ; le mimétisme est leur stratégie de survie. Ils sont très faciles à reconnaître : si vous voyez un insecte faire du surplace, c’est un syrphe ! Ce sont en effet les seuls insectes à maîtriser le vol stationnaire. On en dénombre plus de 500 espèces en France, ce sont des pollinisateurs extrêmement importants. Le syrphe ceinturé par exemple est connu pour être l’un des pollinisateurs principaux du colza.

                               Comme beaucoup d’autres, le syrphe ceinturé a les couleurs d’une guêpe !                                                                  Crédit : Eran Finkle, Flickr

                             Comme beaucoup d’autres, le syrphe ceinturé a les couleurs d’une guêpe !
                                                                 Crédit : Eran Finkle, Flickr

4.       Les hyménoptères : ce sont les abeilles, bourdons, guêpes et fourmis. C’est typiquement à eux que l’on pense en premier lorsqu’on parle de pollinisateurs. L’abeille européenne est bien évidemment la principale représentante de ce groupe, mais elle est très loin d’être la seule. La France accueille pas moins de 987 espèces d’abeilles ! Les plus petites mesurent environ 2 mm, les plus grosses jusqu’à plus de 3 cm. Une très faible partie d’entre elle produit du miel. En effet, la grande majorité sont des espèces solitaires, qui creusent des terriers et des tunnels et ne font de pas de nids ni de ruches.

         Abeille européenne  en vol. Crédit : JR Guillaumin, Flickr

       Abeille européenne en vol. Crédit : JR Guillaumin, Flickr

A ces abeilles s’ajoutent 48 espèces de bourdon (en France), les guêpes et même les fourmis (400 espèces connues en Europe). Au total, près de 230.000 espèces d’hyménoptères ont déjà été décrites, on estime qu’il en existerait entre 1 et 5 millions. Il existe même des espèces parasites, les « abeilles coucous ». Contrairement à leur nom, ce ne sont pas toutes des abeilles ; mais comme l’oiseau du même nom, elles vont utiliser le nid d’une autre espèce pour le développement de leur larve.

                                  Le  xylocope (abeille charpentière)  est la plus grosse abeille solitaire française.                                                                        Crédit : Ettore Balocchi, Flickr

                                 Le xylocope (abeille charpentière) est la plus grosse abeille solitaire française.
                                                                       Crédit : Ettore Balocchi, Flickr

          Ainsi, l’abeille domestique ne représente que 0.1% de la biodiversité en abeilles françaises. Si elle est le fer de lance de la lutte contre leur déclin, il ne faut pas oublier les autres espèces. En réalité, ce sont bien des dizaines, des centaines de milliers d’espèces d’insectes qui assurent la pollinisation. Et l’immense majorité d’entre elles est en déclin. Le changement de pratiques agricoles est leur principal ennemi. Les monocultures de plusieurs hectares, couplées à l’utilisation massive d’insecticides et herbicides vont modifier les communautés végétales (c’est-à-dire l’ensemble des plantes présentes dans une zone), en plus d’être dangereux pour la santé des insectes directement.

          Face à ce constat, la communauté scientifique est claire : les insectes pollinisateurs sont en danger, et par extension, nous le sommes aussi. Dans le prochain article, je vous expliquerai les différentes démarches déjà mises en place, ainsi que les futures solutions théoriques à ce problème.