Crowdsoucing et biodiversité: Tout n'est pas si facile

Les entretiens avec les différents gestionnaires d’espaces naturels ont permis d’identifier les freins quand au déploiement d’ecoBalade en vue d’une couverture nationale ainsi que les points forts à accentuer pour déployer l’application à l’échelle de la France.

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Il ressort des entretiens que presque 80% des structures sont impliquées (ou ont pour projet de l’être à court terme) dans une ou plusieurs initiatives participatives. Cette implication se traduit par la participation à un programme national (STOC : le Suivi Temporel des Oiseaux Communs par exemple) ou par la mise en place d’un programme propre à la structure.

Les raisons concernent principalement le temps nécessaire à consacrer à l’animation des programmes et secondairement au traitement des données. Certaines structures évoquent les difficultés de contrôle des données (fiabilité des données) et les problèmes des programmes nationaux qui, selon elles, sont à une trop grande échelle, ce qui rend le travail d’animation local difficile. Pour ces structures, les programmes à petites échelles sont plus faciles à animer car ils touchent la biodiversité locale et répondent à des préoccupations soulevées directement par la population. L’ensemble de ces causes poussent certaines structures, un peu plus de 20% dans cette étude, à ne pas prendre part aux démarches participatives.


Les entretiens ont également permis de constater que presque 49% des structures ont (ou ont pour projet d’avoir) des outils numériques à destination du grand public . Ces outils ont pour vocation la découverte, l’éducation à l’environnement et/ou la sensibilisation à la nature et à la biodiversité. Les supports sont relativement variés : audioguides, QR Codes13, applications sur smartphones ou sur tablettes en prêt ou en location, bornes numériques, balades virtuelles dans les locaux de la structure et sites internet.

Les principaux avantages concernent la possibilité de :
-    mettre à disposition un outil pédagogique ne nécessitant pas automatiquement l’intervention d’un animateur ou d’un guide 
-    la valorisation du patrimoine naturel et de certains sentiers peu utilisés par le grand public car peu ou pas mis en valeur. Cet argument est lié à la canalisation des flux pédestre, souvent évoquée par des structures situées dans des régions touristiques. La mise en place d’un outil de découverte de la nature, tel qu’ecoBalade, peut permettre de valoriser certains sentiers en amenant une valeur ajoutée afin d’orienter les flux pédestre vers des zones où il y a beaucoup à apprendre et où les enjeux de protection sont moins fort.
-    la communication possible via l’outil sur le site, le patrimoine, la diversité, etc.
Des arguments touchant aux données ont été relevés tels que la réactivité, c’est-à-dire pouvoir avoir des informations instantanément sur le terrain grâce aux outils numériques ; et la diminution des pertes d’informations avec un stockage informatique. 


D’une manière générale les structures évoquent la sensibilisation d’un public pour lequel d’autres outils ne fonctionnent pas ou mal (souvent les adolescents et de plus en plus les jeunes adultes).

Posted on December 11, 2014 and filed under Science Participative.