Un collier pour protéger les moutons contre les attaques de loup !

Un constat :

Natural Solutions soucieux de développer des outils numériques au service des acteurs des territoires pour un développement durable, s'intéresse depuis longtemps au retour du loup en France.

La société se consacre notamment à l'étude sur le terrain de la problématique loup et les conséquences de la présence du canidé au niveau de l'activité ovine française. Aujourd'hui, les zones de présence permanente du loup, mais aussi les zones de colonisation, dites également zones de présence temporaire, deviennent des espaces où une véritable révolution de l'activité pastorale est en cours.

Les éleveurs, les bergers, doivent protéger leur troupeau de brebis, les surveiller jour et nuit, pour faire face aux loups attaquant seuls ou en meute. Les équipements nécessaires à la protection d'un troupeau de moutons (brebis, agneaux, boucs) demandent de nombreux efforts (filets de protection, etc…). Les chiens de protection, les fameux patous (bergers de Pyrénées ou bergers d'Anatolie), quant à eux, prouvent leur efficacité, mais aussi leurs limites lorsqu'ils confondent parfois le loup avec le mollet d'un randonneur ayant levé son bâton un peu trop haut.

Nous passerons les multiples problèmes économiques et sociaux que subissent la profession, mais cet ensemble de préoccupations fait que l'activité pastorale est en réel danger. Sa disparition engendrerait une reforestation majeure des montagnes et une chute vertigineuse de la biodiversité avec la perte des alpages et de leurs mosaïques florales composant les estives.

Si le retour du loup en France est plutôt un signe encourageant en faveur de la biodiversité française, permettant à la chaîne alimentaire de retrouver un « super prédateur » forcément utile à son équilibre. C'est aussi une bonne nouvelle pour l'ensemble des gestionnaires d'espaces naturels qui voient dans le retour du loup, le fruit de leur travail récompensé, après de nombreux efforts effectués pour la protection et le développement des écosystèmes.

Alors que faire ?

Natural solutions souhaite humblement travailler dans la sauvegarde de l'activité ovine et pastorale subissant les attaques des loups, mais aussi pour le maintien des populations de loups en France. En quelque sorte, nous aimerions permettre la cohabitation.

Par quel moyen ?

Nous avons eu l'idée de travailler en lien avec un groupe d'étudiants de l'ESTIA, l’école d'ingénieur de Bidart (64 Pyrénées Atlantique), pour développer un collier pour tout type de troupeaux, les protégeant des attaques de loups.

Le concept créé est le suivant: un collier connecté à la pulsation cardiaque de la bête, relève en permanence le nombre de battements de cœur par minute. Un circuit électronique prend en compte cette valeur. Si cette valeur dépasse le seuil préalablement défini (celui-ci variant en fonction de la bête en question), l’animal est considéré en état de stress; stress pouvant être dû à la présence d’un prédateur tel que le loup. Le cas échéant, un ultrason réglé sur la fréquence auditive du canidé Canis lupus (fréquence auditive de la race canine allant jusqu’à 60000 Hz) se déclenche dans le but de l’effaroucher. La brebis ayant une ouïe moins développée ne sera pas affectée par celui-ci (la brebis n’entend que jusqu’à 30000 Hz).

Pour éviter toute accoutumance, différents signaux sonores s’enchaînent afin de garantir l’effet de surprise et ce, de façon aléatoire.

Ce collier permet d’assurer une protection dans n’importe quel endroit de la montagne à n’importe quel moment de la journée, pour un troupeau en enclos ou en liberté dans un alpage.

Si pour le moment ce collier n'est qu'un prototype, Natural Solutions envisage de travailler  cet hiver sur l'optimisation de ce système en lien de nouveau avec l'ESTIA. La miniaturisation, la recherche sur les ultrasons (diversités et diffusion aléatoire), le travail sur le positionnement du collier donc de l'animal par GPS, ses batteries et enfin la possibilité d'envoyer un sms d'avertissement au berger, seront au programme.

Suite à ces travaux, nous mettrons en place une série de tests sur le terrain avec des bergers, leur troupeau (brebis, chèvres, boucs...), dans diverses zones à loups sur différents types de terrains (collines, plaines, haute montagne) dès le printemps 2016.

L'objectif sera également d'évaluer le comportement des chiens de conduite et de protection avec ce collier. Nous évaluerons également son éventuel effet sur l'environnement.

En définitive, notre objectif est d'offrir un collier cardiofrequencemetre à ultrasons pour la filière ovine et le monde du pastoralisme. Nous voulons cet outil performant et répondant favorablement à la problématique ovine actuelle pour sa sauvegarde et son développement, facteur de développement économique des vallées, des espaces ruraux et de leur biodiversité.

Article ici, du journal la Provence :

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