Design désanthropocentré : définition, principes et pratiques pour un futur post-anthropocène

Et si le design ne se contentait plus de satisfaire les besoins des humains, mais devenait un outil pour régénérer les écosystèmes, préserver la biodiversité et composer avec une multitude d’êtres vivants et de milieux ? Le design désanthropocentré propose précisément ce changement de regard : sortir l’humain de son piédestal pour concevoir avec et pour le vivant dans son ensemble.

Dans un contexte de crise écologique et de remise en cause du modèle productiviste, cette approche s’impose comme une voie crédible pour imaginer un futur post-anthropocène. Des organisations pionnières comme Natural Solutions montrent déjà comment mobiliser les technologies numériques pour mieux connaître, protéger et intégrer la nature dans les décisions de conception.

Dans cet article, vous découvrirez :

  • Une définition claire du design désanthropocentré et de ses origines

  • Ses principes fondamentaux et ce qui le différencie du design durable

  • Des méthodes concrètes pour intégrer le non humain dans vos projets

  • Des ressources pour approfondir le post-anthropocène et l’écologie relationnelle

  • Des pistes d’action pour transformer vos pratiques de design

L’objectif : vous fournir un cadre théorique et des outils pratiques pour faire évoluer vos projets vers un design réellement désanthropocentré, au service de l’ensemble du vivant.

Qu’est-ce que le design désanthropocentré ? Définition et origines

Le design désanthropocentré désigne une approche de conception qui refuse de placer l’humain comme seul centre de référence. Au lieu de se focaliser exclusivement sur les besoins, désirs et usages des utilisateurs humains, il cherche à replacer le non humain – vivant (animaux, plantes, micro-organismes) et non vivant (sols, rivières, atmosphère, infrastructures) – au cœur des processus de design.

Historiquement, la plupart des démarches de design se sont structurées autour du user-centered design, le fameux « design centré utilisateur ». Cette approche a permis d’améliorer considérablement l’ergonomie, l’accessibilité et l’expérience d’usage. Mais dans le contexte de l’Anthropocène – cette époque où les activités humaines modifient en profondeur le climat et la biosphère – ses limites deviennent évidentes : optimiser l’expérience utilisateur ne suffit plus si les systèmes conçus détruisent les milieux qui rendent cette expérience possible.

Le design désanthropocentré émerge ainsi comme une réponse à :

  • La crise écologique (effondrement de la biodiversité, dérèglement climatique, artificialisation des sols)

  • La critique de l’anthropocentrisme en philosophie, en écologie et en sciences sociales

  • La volonté de penser un futur post-anthropocène, où les humains ne sont plus les seuls acteurs légitimes

Dans ce cadre, le design désanthropocentré considère les systèmes socio-écologiques comme des assemblages où humains, animaux, plantes, objets techniques et milieux sont co-acteurs. Il s’appuie sur plusieurs concepts clés :

  • Agentivité du non humain : reconnaître que les fleuves, les forêts, les infrastructures ou les algorithmes ont une capacité à transformer les situations.

  • Design multi-espèces : concevoir en tenant compte des interactions entre plusieurs espèces, y compris les humains.

  • Sympoïèse : l’idée que les êtres se co-produisent en permanence, dans des processus de co-évolution.

  • Écologie relationnelle : un regard qui se focalise sur les relations plutôt que sur des entités isolées.

Ce déplacement du regard ouvre le champ à de nouvelles pratiques de design, où les outils numériques, comme ceux développés par Natural Solutions, peuvent aider à rendre visibles les dynamiques écologiques et la présence du non humain dans nos projets.

Principes fondamentaux du design désanthropocentré

Pour passer de l’intention à l’action, le design désanthropocentré s’appuie sur quelques principes structurants. Il ne s’agit pas d’une méthode unique, mais d’un ensemble de repères pour orienter les décisions de conception.

1. Prise en compte des perspectives non humaines

Le premier principe consiste à considérer les besoins, vulnérabilités et capacités d’autres espèces et des milieux. Concrètement, cela implique de se demander :

  • Comment ce projet affecte-t-il les sols (érosion, fertilité, artificialisation) ?

  • Quelles conséquences pour les cours d’eau, les nappes phréatiques, l’atmosphère ?

  • Quels habitats et quelles espèces sont impactés (positivement ou négativement) ?

Il s’agit de traiter ces questions non comme des contraintes secondaires, mais comme des critères de conception au même titre que l’ergonomie ou le coût.

2. Co-conception avec le vivant

Le design désanthropocentré promeut un design multi-espèces où les artefacts, les services et les infrastructures sont pensés en coévolution avec les écosystèmes et les communautés locales. Cela peut prendre la forme :

  • De dispositifs qui créent des habitats pour la biodiversité (toitures végétalisées, corridors écologiques, mobiliers urbains favorables aux pollinisateurs)

  • De solutions inspirées du bio-mimétisme (formes, matériaux, organisations issues du vivant)

  • De projets co-construits avec des acteurs du vivant via des données, des capteurs et des plateformes comme les outils proposés dans la gamme de produits Natural Solutions

3. Temporalités élargies

Autre principe clé : penser à l’échelle des cycles écologiques plutôt que seulement à l’échelle des cycles de consommation humaine. Cela signifie :

  • Intégrer les saisons, les rythmes de reproduction des espèces, les cycles de régénération des sols

  • Se projeter au-delà de la durée de vie commerciale d’un produit ou d’un projet

  • Concevoir des systèmes capables de s’adapter, d’évoluer et de se transformer avec le temps

4. Éthique et responsabilité inter-espèces

Enfin, le design désanthropocentré est une démarche éthique. Il invite à intégrer :

  • Les limites planétaires (climat, biodiversité, cycles de l’azote, de l’eau, etc.)

  • La justice inter-espèces : minimiser les violences et les dommages infligés aux autres êtres vivants

  • La responsabilité envers les générations futures humaines et non humaines

Ces principes constituent un socle pour réorienter les processus de design vers des formes de cohabitation plus justes et plus durables.

Design durable vs design désanthropocentré : quelles différences ?

Le design durable (ou éco-conception) a déjà transformé profondément les pratiques en intégrant la réduction des impacts environnementaux. Le design désanthropocentré va plus loin en questionnant la place de l’humain dans les systèmes écologiques. Comprendre leurs différences et leurs complémentarités est essentiel pour construire une stratégie de transition cohérente.

Objectifs : réduction d’impact vs redéfinition de la place de l’humain

  • Design durable : vise principalement à réduire les impacts négatifs d’un produit ou d’un service (émissions de gaz à effet de serre, consommation d’énergie, déchets, etc.) tout en maintenant les bénéfices pour l’utilisateur humain.

  • Design désanthropocentré : cherche à repositionner l’humain comme un acteur parmi d’autres, en concevant des systèmes qui favorisent la cohabitation, la régénération des écosystèmes et la qualité des relations entre espèces.

Métriques et indicateurs

Les indicateurs mobilisés sont également différents :

  • Design durable : empreinte carbone, consommation de ressources, circularité des matériaux, durée de vie, recyclabilité.

  • Design désanthropocentré : qualité des relations inter-espèces (présence d’habitats, corridors écologiques), régénération des écosystèmes (retour de certaines espèces, santé des sols), résilience des milieux.

Exemples concrets

  • Produit « durable » : une chaise fabriquée avec des matériaux recyclés, facilement démontable et recyclable, optimisée pour réduire son empreinte carbone.

  • Projet désanthropocentré : une infrastructure urbaine combinant mobilier, végétalisation, gestion de l’eau de pluie et supports pour la faune (nichoirs, abris pour insectes), conçue avec des écologues et monitorée grâce à des solutions numériques telles que les produits Natural Solutions pour suivre l’évolution de la biodiversité.

Des approches complémentaires

Il ne s’agit pas d’opposer ces deux démarches, mais de les articuler :

  • Commencer par l’éco-conception pour réduire l’empreinte environnementale de base.

  • Intégrer ensuite les perspectives du non humain et de l’écologie relationnelle pour aller vers des projets réellement désanthropocentrés.

Dans une stratégie globale de transition écologique, le design durable peut être vu comme une première étape, et le design désanthropocentré comme un horizon plus ambitieux, guidant les choix à long terme.

Design désanthropocentré et écologie relationnelle : changer de cadre de pensée

Pour adopter une démarche désanthropocentrée, il ne suffit pas d’ajouter quelques critères « biodiversité » dans un cahier des charges. Il faut opérer un véritable changement de cadre de pensée, que l’on peut résumer par l’expression : « tout est relation ».

Qu’est-ce que l’écologie relationnelle ?

L’écologie relationnelle propose de considérer que les humains, les animaux, les plantes, les infrastructures, les flux de données et les milieux sont reliés par un réseau permanent d’interactions. Ce n’est plus l’individu (humain) qui est central, mais la trame de relations qui rend possible la vie.

Dans cette perspective :

  • Un objet de design n’est jamais « neutre » : il reconfigure des relations entre espèces, milieux et techniques.

  • Un service numérique influence les pratiques, les déplacements, l’usage des ressources, la manière de percevoir un territoire.

  • Une infrastructure modifie les circulations (eau, animaux, humains, données) et donc la dynamique d’un écosystème.

Apports de la pensée des relations pour le design

La philosophie, l’anthropologie, les études sociales des sciences et techniques (STS) ont largement contribué à développer ce regard relationnel. Pour le design désanthropocentré, cela se traduit par :

  • Un intérêt pour les interdépendances plutôt que pour les objets isolés.

  • Une volonté de cartographier les relations existantes (écologiques, sociales, techniques) avant d’intervenir.

  • Une attention aux « invisibles » : micro-organismes, sols, flux de données, espèces discrètes.

Cartographier et transformer les relations

Un projet de design désanthropocentré ne se limite pas à produire des objets ; il vise à transformer les relations. Par exemple :

  • Plutôt que de concevoir un simple sentier de promenade, créer un parcours permettant de restaurer des continuités écologiques et de sensibiliser les humains à la présence d’autres espèces.

  • Plutôt que d’installer des capteurs environnementaux uniquement pour les humains, utiliser les données pour adapter la gestion d’un territoire en fonction des besoins du vivant (humidification des sols, protection des zones de reproduction, etc.).

Vers une diplomatie inter-espèces

L’écologie relationnelle conduit enfin à imaginer une forme de diplomatie inter-espèces. Concevoir, c’est alors négocier des compromis entre :

  • Les attentes des humains (confort, mobilité, sécurité, bien-être)

  • Les besoins des autres espèces (habitats, corridors, ressources)

  • Les contraintes des milieux (capacité de régénération, cycles naturels, limites physiques)

Le designer devient un médiateur, capable d’orchestrer ces négociations, en s’appuyant sur des expertises variées et des outils de suivi du vivant, comme ceux développés par des acteurs spécialisés tels que Natural Solutions.

Comment intégrer le non humain dans le design désanthropocentré : méthodes et outils

Passer à l’action suppose de doter les équipes de méthodes et d’outils adaptés. Intégrer le non humain ne relève pas de la seule intuition : c’est un travail rigoureux, qui peut s’appuyer sur des enquêtes de terrain, des représentations spécifiques et un suivi dans le temps.

Méthodes d’enquête situées

Avant de concevoir, il est essentiel de comprendre le milieu :

  • Observation écologique : repérer les espèces présentes, les habitats, les flux (eau, air, déplacements d’animaux et d’humains).

  • Bio-mimétisme : analyser comment le vivant résout certains problèmes (structure, ventilation, stockage d’eau, coopération, etc.).

  • Collaboration avec des experts : biologistes, écologues, naturalistes, mais aussi communautés locales, associations, gestionnaires d’espaces naturels.

Outils de représentation

Pour faire entrer le non humain dans les processus de design, on peut utiliser des outils de visualisation et de narration :

  • Cartes sensibles : représentations qui combinent données écologiques, récits d’usagers, perceptions des habitants et présence des autres espèces.

  • Scénarios multi-espèces : imaginaires décrivant l’avenir d’un lieu ou d’un service du point de vue de différentes espèces.

  • Personas non humains : fiches détaillant une espèce ou un milieu (sol, rivière, insectes pollinisateurs), ses besoins, ses vulnérabilités et ses interactions.

Prototypage et tests in situ

Le prototypage reste central, mais il s’élargit :

  • Expérimentations in situ pour observer comment les dispositifs interagissent avec le milieu.

  • Suivi des impacts sur les écosystèmes grâce à des indicateurs et à des outils numériques de monitoring du vivant (capteurs, applications de collecte de données, plateformes de visualisation, comme certains produits Natural Solutions).

  • Adaptation progressive des solutions en fonction des retours du terrain, humains et non humains.

Intégration dans les processus de design

Pour que ces pratiques deviennent structurelles, il faut les inscrire dans les processus :

  1. Dès le brief : identifier les non humains concernés (espèces, milieux, infrastructures) et leurs enjeux.

  2. Dans le cahier des charges : intégrer des critères explicitement multi-espèces (habitats, corridors, absence de nuisances, régénération des sols, etc.).

  3. Dans les critères de validation : évaluer les projets non seulement sur leur performance économique et sociale, mais aussi sur leurs effets sur le vivant.

Ces méthodes permettent de passer d’une approche symbolique (« penser à la nature ») à une démarche vraiment opérationnelle où le non humain devient un interlocuteur de la conception.

Livres et ressources pour explorer le design désanthropocentré et le post-anthropocène

Pour nourrir une pratique de design désanthropocentré, il est indispensable de s’appuyer sur une bibliothèque de travail mêlant théorie, études de cas et ressources méthodologiques. Voici quelques pistes pour structurer vos lectures.

Ouvrages sur le design désanthropocentré et multi-espèces

  • Livres sur le design multi-espèces et le design pour la biodiversité, explorant la manière dont les projets peuvent intégrer plusieurs formes de vie.

  • Travaux en design critique et spéculatif qui imaginent des futurs post-anthropocènes et questionnent nos relations au vivant et à la technique.

  • Publications de studios et d’écoles de design expérimentant des ateliers et projets centrés sur le vivant.

Écologie relationnelle, anthropologie du vivant et Anthropocène

Pour comprendre le cadre théorique, plusieurs champs sont particulièrement féconds :

  • Écologie relationnelle : ouvrages qui mettent l’accent sur les interrelations entre espèces, milieux et techniques.

  • Anthropologie du vivant : enquêtes sur la manière dont différentes cultures pensent et vivent leurs relations avec les autres êtres.

  • Études sur l’Anthropocène : essais qui analysent les causes, les effets et les enjeux politiques de cette nouvelle ère.

Ressources pratiques et méthodologiques

  • Guides de design écologique : manuels et référentiels pour intégrer la biodiversité et les écosystèmes dans les projets.

  • Publications d’écoles de design : actes de séminaires, revues, mémoires d’étudiants explorant de nouvelles approches.

  • Revues spécialisées et plateformes en ligne : articles, retours d’expérience, bases de projets, dont certaines s’appuient sur des données collectées via des solutions de terrain issues de la recherche, comme celles proposées par Natural Solutions.

Construire une bibliothèque de travail cohérente

Pour éviter de se perdre, vous pouvez :

  1. Combiner lectures théoriques (écologie, anthropologie, philosophie) et cas concrets (projets de design multi-espèces, aménagements écologiques, dispositifs numériques pour le vivant).

  2. Associer des ressources méthodologiques (guides, outils de co-conception, protocoles de suivi écologique) à des récits et essais plus réflexifs.

  3. Mettre en place une veille continue pour suivre les travaux émergents sur le post-anthropocène et le design désanthropocentré.

Cette bibliothèque deviendra un appui précieux pour alimenter vos projets, vos ateliers et vos formations internes.

Vers des pratiques de design réellement désanthropocentrées : pistes d’action pour les designers et les organisations

Transformer en profondeur les pratiques de design demande du temps, mais il est possible d’agir dès maintenant, par étapes. Voici quelques pistes pour engager ce mouvement, à l’échelle des équipes comme des organisations.

Adapter les processus internes

  • Intégrer des critères multi-espèces dans les briefs et les appels d’offres : quels non humains sont concernés, quels habitats préserver ou créer, quels risques éviter ?

  • Modifier les grilles d’évaluation des projets pour y inclure des indicateurs écologiques et relationnels.

  • Inscrire le design désanthropocentré dans la gouvernance de projet : validation des étapes en fonction des enjeux du vivant.

Travailler en équipes pluridisciplinaires

Le design désanthropocentré ne peut pas être porté par les seuls designers. Il implique de :

  • Travailler avec des écologues, biologistes, naturalistes pour comprendre le milieu.

  • Associer des sociologues, urbanistes, philosophes pour éclairer les dimensions sociales et éthiques.

  • Impliquer les communautés locales et les gestionnaires d’espaces dans la co-conception et le suivi.

Mesurer autrement la valeur

Les indicateurs économiques classiques ne suffisent plus. Il s’agit d’introduire :

  • Des indicateurs de régénération écologique : retour de certaines espèces, amélioration de la qualité des sols, de l’eau, de l’air.

  • Des mesures de qualité des relations inter-espèces : continuités écologiques, réduction des nuisances, création d’habitats.

  • Des indicateurs de résilience des milieux : capacité à encaisser des perturbations, diversité des espèces, redondance des fonctions écologiques.

Étapes pour débuter

  1. Lancer un petit projet pilote : choisir un projet limité (un espace public, un service, un produit) pour expérimenter l’intégration du non humain.

  2. Créer un laboratoire de design : un espace d’expérimentation interne ou partenarial, où tester des méthodes, des outils et des indicateurs.

  3. Mettre en place des formations : sensibiliser les équipes au design désanthropocentré, à l’écologie relationnelle et aux enjeux du post-anthropocène.

  4. Nouer des partenariats : travailler avec des acteurs du vivant (associations naturalistes, gestionnaires d’espaces naturels) et des spécialistes des données environnementales, comme Natural Solutions, pour outiller vos démarches.

En avançant par expérimentations successives, chaque organisation peut progressivement transformer ses pratiques pour faire du design désanthropocentré un axe structurant de sa stratégie.

FAQ sur le design désanthropocentré

Qu’est-ce que le design désanthropocentré et en quoi diffère-t-il du design centré utilisateur ?

Le design désanthropocentré est une approche qui refuse de placer l’humain au centre exclusif du processus de conception. Là où le design centré utilisateur se concentre sur les besoins, usages et émotions des utilisateurs humains, le design désanthropocentré intègre également les perspectives des non humains (espèces, milieux, infrastructures) et cherche à concevoir des systèmes qui favorisent la cohabitation et la régénération des écosystèmes. L’humain devient un acteur parmi d’autres, et non plus la seule référence.

Quelle est la différence entre design durable et design désanthropocentré ?

Le design durable vise principalement à réduire les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service (émissions, consommation de ressources, déchets), tout en conservant ou améliorant l’utilité pour l’utilisateur humain. Le design désanthropocentré va plus loin : il redéfinit la place de l’humain dans les systèmes écologiques, en cherchant à améliorer la qualité des relations entre espèces, la régénération des milieux et la résilience des écosystèmes. Les deux approches sont complémentaires : l’éco-conception peut constituer une base, enrichie ensuite par une perspective désanthropocentrée.

Comment intégrer concrètement le non humain dans un projet de design ?

Intégrer le non humain suppose d’agir à plusieurs niveaux :

  • Enquête de terrain : observation écologique, échanges avec des écologues, naturalistes et communautés locales.

  • Représentation : cartes sensibles, scénarios multi-espèces, personas non humains pour rendre visibles les besoins du vivant.

  • Prototypage : expérimentations in situ, suivi des impacts sur les écosystèmes, adaptation progressive des solutions.

  • Processus : intégration de critères multi-espèces dans les briefs, cahiers des charges et critères de validation. Des outils numériques de suivi du vivant peuvent aussi aider à objectiver les effets des projets.

Quels livres lire pour approfondir le design désanthropocentré et le post-anthropocène ?

Pour aller plus loin, il est utile de combiner plusieurs types de ressources :

  • Des ouvrages sur le design multi-espèces, le design pour la biodiversité et le design critique dans un contexte de crise écologique.

  • Des textes d’écologie relationnelle, d’anthropologie du vivant et de philosophie de l’Anthropocène, qui offrent un cadre théorique pour repenser nos relations au vivant.

  • Des guides de design écologique, des publications d’écoles de design et des revues spécialisées présentant des études de cas et des méthodes concrètes.

L’essentiel est de croiser théorie, retours d’expérience et outils méthodologiques pour alimenter vos propres pratiques.

Comment l’écologie relationnelle influence-t-elle les approches de design désanthropocentré ?

L’écologie relationnelle affirme que les êtres (humains et non humains) n’existent pas isolément, mais à travers un réseau de relations. Pour le design désanthropocentré, cela signifie que l’objectif n’est plus seulement de créer des objets ou des services performants, mais de transformer les relations entre espèces, milieux et techniques. Le designer devient un médiateur qui cartographie ces relations, identifie les vulnérabilités et les interdépendances, et conçoit des interventions visant à renforcer la cohabitation, la régénération écologique et la justice inter-espèces.

Conclusion : faire du design un laboratoire de nouvelles relations au vivant

Le design désanthropocentré ouvre une voie exigeante mais fertile : il ne s’agit plus seulement de « faire mieux » pour les humains, mais de cohabiter autrement avec l’ensemble du vivant. En intégrant les perspectives non humaines, en s’appuyant sur l’écologie relationnelle et en réinventant nos indicateurs de valeur, le design peut devenir un puissant levier de transition vers un futur post-anthropocène.

Vous souhaitez faire évoluer vos pratiques vers un design véritablement désanthropocentré ? Commencez par cartographier les non humains concernés par vos projets, réunissez une équipe pluridisciplinaire et expérimentez un premier prototype multi-espèces. Chaque projet peut devenir un laboratoire pour réinventer nos relations au vivant. Pour vous outiller dans cette démarche, n’hésitez pas à explorer les solutions de connaissance et de suivi du vivant proposées par Natural Solutions, et à intégrer progressivement ces approches dans vos processus de conception.

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