Créer un sentier d’interprétation

L’écrivain Freeman Tilden a conceptualisé en 1957 la notion d’interprétation. Ses 5 grands principes demeurent, soixante ans plus tard, plus que jamais d’actualité pour les gestionnaires d’espaces naturels qui souhaitent mettre en œuvre des parcours ou des sentiers d’interprétation.

Un peu d’histoire

Le terme d’« interprétation » est né aux Etats-Unis, en même temps que les Parcs nationaux, grâce à l’effort de passionnés comme John Muir (1838-1914) afin de préserver de vastes territoires sauvages, dont le plus célèbre est celui de Yosemite Valley. Dès la fin du 19e siècle, des interprètes sont ainsi chargés d’accueillir et de guider les visiteurs dans les Parcs, avec l’objectif de leur donner une information détaillée sur les paysages et la biodiversité qu’ils découvrent. Au-delà de cette information, il s’agit pour l’Office National des Parcs des États-Unis (US National Parks Service, USNPS) d’encourager les visiteurs des parcs à respecter l’environnement naturel qui les entoure et à en prendre soin.

Des critères de réussite objectifs

Le travail de l’écrivain et journaliste Freeman Tilden, sur la notion d’interprétation va toutefois changer la donne. L’histoire est connue : Tilden décide en 1940 de réorienter sa vie. Il se rapproche alors d’un ami, directeur du National Park Service, et entame une tournée des parcs nationaux avec l’idée d’écrire une série de livres sur leur fonctionnement. Il s’intéresse du même coup aux programmes d’interprétation et élabore en 1957, dans un livre qui est désormais une référence, « Interpreting our Heritage », les 5 grands principes qui définissent les critères de réussite (ou pas) d’une visite réussie de ces grands parcs.

Les 5 principes de Tilden

1. Pourquoi les visiteurs viennent ? Et qu’attendent-ils ?

Le défi du concepteur d’un sentier ou d’un parcours d’interprétation est de laisser de côté ses propres particularités culturelles et de tenter de cerner les attentes des visiteurs : profiter du spectacle de la nature, se détendre ou simplement réaliser une randonnée.

Toute la difficulté est d’intéresser un public qui n’attend pas forcément qu’on lui raconte la faune et la flore du lieu, ou son histoire. Mais l’important est qu’il reparte en ayant en tête qu’ils « ont vraiment eu une bonne idée en venant ici ... "

2. Offrir un tout plutôt qu’une partie

On retient plus facilement une histoire avec un début et une fin, plutôt qu’une série de digressions. Autrement dit, le lieu, son histoire et l’écosystème qui le composent doivent être « racontés » et « expliqués » en globalité.

3. Ancrer des révélations dans la personnalité des visiteurs

Age, sexe, origine géographique, niveau socioculturel… : la typologie des visiteurs d’un espace naturel est par définition très variée. L’objectif est donc de s’adresser aux visiteurs avec des exemples parlants, en lien avec la vie quotidienne, pour leur permettre de se projeter et comprendre le site ou le paysage qui les entourent.

Aujourd'hui Natural Solutions se base sur ses connaissances en design d'expérience pour définir les persona type clientes de cette démarche.

4. Couler la matière brute dans des formes artistiques

L’utilisation de schémas, de dessins ou un dispositif multimédia permet de transmettre un message plus facilement que ne le ferait de longs discours académiques ou universitaires rebutant pour la plupart des visiteurs.

Les publics jeunes sont particulièrement friands de nouvelles technologies, c'est pour cela que nous imaginons des dispositifs numériques "gamifiés" disponibles sur leur smartphone.

5. Se garder de tout excès

Trop d’informations tue l’information. Le visiteur doit rester sur sa faim et quitter les lieux en ayant envie d’y revenir pour approfondir ses connaissances. Dans le même ordre d’idée, le spectacle de la nature se suffit parfois à lui-même et certains panneaux d’information se révèlent contre-productifs en raison de leur taille ou de l’excès d’information qu’ils apportent.

ecoBalade est un dispositif "pull" où l'utilisateur peut avoir accès à l'information si il le souhaite et n'est donc pas intrusif.