La gestion des arbres en milieu urbain

Gestion des arbres d'alignement

La gestion des arbres en ville

Le cycle de vie d’un arbre est identique en milieu naturel et en milieu urbain, toutefois, les contraintes spécifiques de la ville exigent un accompagnement attentif de chaque arbre et le renouvellement des arbres dépérissants.

Tout au long de l’année, la mairie assure la surveillance du patrimoine arboré, le remplacement des arbres vieillissants et l’installation de nouvelles plantations.

Avant la plantation de l’arbre

L’arbre provient d’une pépinière où il est cultivé 8 à 10 ans avant d’être planté en ville. Cette transplantation lui demande du temps pour s’adapter et retrouver sa vigueur initiale. Avant la plantation, une fosse est creusée et remplie de terre végétale. Cette fouille d’environ 12 mètres cubes offre un volume adapté au développement du système racinaire qui assure son ancrage et l’alimentation en eau et en éléments nutritifs. Après la plantation, des soins attentifs assurent sa reprise et son développement.

  • Il est arrosé régulièrement pendant 2 ou 3 ans ;

  • un tuteur et un corset métallique autour du tronc lui garantissent stabilité et protection dans le temps ;

  • des tailles de formation sont réalisées pour sculpter progressivement une silhouette harmonieuse adaptée à son environnement.

Après ces 3 premières années, l’arbre a acquis son autonomie. Il ne nécessite plus de soins particuliers.

L’entretien du patrimoine arboré

À l’âge adulte, en fonction du lieu de plantation (rue, jardin, école…), l’arbre est taillé régulièrement pour cohabiter avec son environnement proche :

  • dégagement des feux de circulation et signalétique routière ;

  • relevage des branches basses pour la circulation routière et des piétons ;

  • maintien d’une bonne distance entre l’arbre et les façades ;

  • suppression de bois mort et de branches dépérissantes.

L’espérance de vie des arbres en ville

En ville, son espérance de vie est de 80 ans en moyenne. Avec les années, sa charpente se fragilise et produit du bois mort. Il devient alors dangereux pour les usagers. Lorsque c’est possible, l’arbre est mis en sécurité par élagage des branches dangereuses et conservé. Mais s’il constitue un danger irréversible, il est abattu et remplacé.

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Pourquoi remplace t-on les arbres ?

  • Un arbre malade peut être dangereux: un arbre qui dépérit doit être abattu car il devient fragile et dangereux. En effet, la solidité d’un arbre peut être altérée par des champignons qui engendrent des pourritures au niveau des racines, du tronc et des branches. Des plaies creuses constituent également des points de faiblesses où s’installent des agents pathogènes qui peuvent conduire à abattre un arbre.

  • Un arbre sain en apparence peut être malade et fragile: la surveillance des arbres à Paris est assurée par les personnels sylvicoles de la Ville. Un contrôle visuel est réalisé au cours de la campagne annuelle de surveillance des arbres et à l’occasion de chaque intervention d’entretien. En complément, des expertises peuvent être pratiquées afin de préciser les défauts internes du bois.

  • Un arbre malade peut en contaminer un autre: lorsqu’un arbre est atteint par une maladie incurable et contagieuse, l'abattre est la seule solution pour enrayer l'avancée de la maladie et éviter qu’elle se propage aux arbres voisins.

La diversification du patrimoine arboré

Diversifier les essences pour s'adapter aux conditions de vie des arbres en ville et conserver dans les bois des arbres dépérissant ne présentant pas de danger pour les usagers favorisent la santé de ce patrimoine et renforcent son rôle pour la qualité de vie en ville et la biodiversité.

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Diversifier les espèces pour lutter contre les maladies

Diversifier les essences d”arbre est la seule réponse efficace, économique et durable aux pathologies végétales. En effet, la plupart des maladies n’attaquent qu’une seule espèce. C’est pourquoi la concentration d’arbres d’une même espèce sur un même lieu favorise la propagation des épidémies. Afin d’assurer une protection à long terme contre le risque épidémiologique, il est donc souhaitable de réduire la part des espèces les plus fréquentes dans les alignements des rues (platanes et marronniers notamment) et d’accroître la part des espèces moins représentées.

Associer des essences variées dans les alignements

Afin d’accroître la diversité du patrimoine arboré d’alignement et de limiter la propagation des épidémies, il est souhaitable d’intégrer davantage de plantations diversifiées et de multiplier les variétés, notamment dans les alignements des quartiers périphériques où l’unité et la continuité des alignements ne constituent pas une contrainte majeure.

Planter des arbres adaptés aux épisodes caniculaires

Les enjeux liés au changement climatique imposent une adéquation de l’essence de plantation au risque d’épisodes caniculaires de plus en plus fréquents à moyen et long terme. En particulier, certaines essences méditerranéennes (telles que les micocouliers de Provence, les noisetiers de Byzance, les poiriers de Chine, les oliviers de Bohème ou les chênes verts) s’avèrent particulièrement bien adaptées aux sols et au climat Français.

Favoriser les essences régionales

Les espèces indigènes régionales favorisent les continuités écologiques et sont bien adaptées à la faune française (notamment en raison de leur caractère mellifère et de leur capacité à produire des fleurs, des fruits ou des graines susceptibles de s’intégrer dans les chaînes alimentaires, ou de servir de support de pontes). Il est donc souhaitable de renforcer la place des espèces indigènes régionales lorsque les conditions s’y prêtent (dans les parcs, les jardins ou les Bois). En particulier, la plantation d’essences mellifères permet de compenser, au moins partiellement, la diminution des populations d’abeilles en zone rurale.

Qu'est-ce qu'une plante mellifère ?

Une plante est dite mellifère lorsqu'elle possède les propriétés adéquates pour accueillir les abeilles produisant le miel. Le terme « mellifère » provient du latin 'mellis' qui signifie miel.

Des outils numériques pour la gestion des arbres

La gestion des arbres en milieu urbain s’appuie sur une base de données, une cartographie et une application mobile pour un suivi au plus près des arbres sur le terrain, et pour en effectuer l’inventaire.

Chaque collectivité dispose d’un service qui a en charge la surveillance et l’entretien des arbres gérés individuellement dans les rues (alignements) ou dans les parcs, jardins, cimetières, écoles, et autres équipements municipaux.

Ces arbres sont inspectés et diagnostiqués chaque année, un certain nombre d’entre eux faisant l’objet d’un relevé phytosanitaire détaillé par les agents sylvicoles.

Pour en savoir plus consultez notre article : des outils numériques pour la gestion des arbres